Pourquoi huit par jour, pas une de plus
La rareté comme luxe. Pourquoi nous avons décidé de plafonner le nombre de profils que vous voyez chaque jour, contre tous les standards de l'industrie.
Par Tim Berthelot Collet
Dans les premières maquettes de Trouvaille, on avait prévu une vingtaine de profils par jour. C'est ce que demandait la pratique courante. C'est ce que faisaient tous les autres. C'est ce qui « optimise l'engagement », comme on dit dans les présentations PowerPoint qu'on n'a jamais eu envie d'imprimer.
Puis on a fait un test, en interne, sur trois semaines. Vingt profils par jour. Et on a regardé.
Ce qu'on a vu
À partir du dixième profil, l'œil glisse. Les visages se brouillent. Les accroches ne sont plus lues — elles sont scannées. À partir du quinzième, plus personne ne se souvient des trois premiers. À partir du vingtième, on swipe pour la dopamine, pas pour la rencontre.
C'est exactement le piège qu'on voulait éviter. On était en train de fabriquer le même problème que les autres apps. Sous prétexte de donner plus, on donnait moins. Sous prétexte d'aider, on engourdissait.
Le test à huit
On a réduit. Huit profils. Pas un de plus. Plus une Trouvaille du jour au hasard pur, pour la surprise. Et là, quelque chose s'est passé.
Les testeurs internes lisaient les trois accroches. Vraiment. Ils regardaient les photos une par une, pas en mosaïque. Ils prenaient le temps de se demander si cette personne, là, dans la rue, ils auraient tourné la tête. Le temps moyen passé par profil est monté de 4 secondes à 38 secondes. Le taux de match utile (entendre : qui aboutit à une vraie conversation) a triplé.
Quand vous limitez la file, vous redonnez du poids à chaque visage. La rareté n'est pas une contrainte. C'est un cadeau.
Mais huit, ce n'est pas peu ?
C'est une question qu'on nous a posée souvent, en interne et en bêta. Réponse : non, huit, c'est exactement assez. Voici pourquoi.
Huit, c'est la frontière haute de l'attention soutenue. Le « nombre magique » de Miller (1956), c'est sept, plus ou moins deux. Huit tient pile dans cette fenêtre : assez pour avoir le choix, pas assez pour basculer en mode « scan » plutôt qu'en mode « lecture ». Un cran de plus et le cerveau décroche.
Huit, c'est gratifiant sans être épuisant. Vous ouvrez l'app, vous regardez vos huit, vous tentez celles ou ceux qui vous parlent, vous fermez. Quelques minutes. Vous avez vraiment vu huit personnes. Vous n'avez pas perdu une heure à scroller.
Huit, c'est durable. Sur un an, vous aurez vu 2 920 profils. C'est largement assez pour rencontrer quelqu'un. Les autres apps vous en montrent 50 par jour — soit 18 250 par an — et le taux de match utile y est plus bas, pas plus haut.
La Trouvaille du jour
Le neuvième profil, tiré au hasard pur, n'obéit à aucun algorithme. C'est littéralement aléatoire. On pioche dans la totalité des membres actifs, sans filtre de signe, sans filtre d'intention, sans filtre de localisation autre que « Paris ».
C'est ce qui ramène la chance. C'est ce qui ramène la surprise. Et statistiquement — on l'a vu en bêta — c'est là que les couples se forment le plus souvent. Pas dans les huit « bien filtrés ». Dans le neuvième, l'imprévu.
Et Trouvaille+ ?
L'abonnement optionnel permet d'ajouter une seule deuxième Trouvaille du jour. Pas davantage. Pas même la possibilité de revoir vos huit profils du jour multipliés par deux. On ne casse pas la mécanique pour de l'argent. C'est interdit chez nous.
Et après ?
On a regardé d'autres modèles — six par jour, dix par jour, douze par jour. Huit reste le bon chiffre, statistiquement comme intuitivement. Mais on ajustera si la pratique nous montre autre chose. La règle est claire : si on doit changer, on l'écrira, ici, en clair, avec des chiffres.
Pour l'instant, c'est huit par jour. Pas une de plus.
C'est notre forme de luxe.
— Tim Berthelot Collet Maison Berthelot & Cie Paris · 12 mai 2026
Fin de l'article · Maison Berthelot & Cie · 12 mai 2026
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